Un rhino au bureau

Je n’avais pas lu les critiques de la pièce de théâtre « Rhinocéros » mise en scène par le TNM. En fait, c’est faux. J’avais lu une seule critique qui me promettait du très bon divertissement et un excellent jeu des acteurs. Mais je n’étais pas au courant que l’histoire inventée par Ionesco quittait son lieu initial (le devant d’un petit café d’une ville française) pour se transporter dans le futur, dans une tour à bureaux! Jean, Bérenger, Daisy, Botard, Papillon et les autres se sont donc convertis en employés quasi robotisés de « Rhino World », une grande corporation ultra-moderne.

À l’ouverture des rideaux, en voyant les décors, j’étais médusée et un peu confuse. Une salle/bureau style loft meublait la scène, avec un escalier en colimaçon, une fontaine et un ascenseur! Les personnages sont apparus tour à tour habillés de tailleurs et d’habits très chics qui montraient clairement que l’histoire s’était transportée dans le futur. La pièce s’ouvrait sur une chorégraphie des personnages, cette dernière évoquant les employés comme parties intégrantes d’une chaîne de montage. Le ton était donné!

J’attendais cette soirée avec fébrilité et je n’ai pas été déçue. Vraiment, j’ai adoré! Dès le début de la pièce, j’ai remarqué que le metteur en scène s’était permis une grande latitude avec le texte, ce qui n’était pas pour me déplaire. Je me suis donc mise dans le mood « de ne pas essayer de retracer tous les passages de ma lecture initiale » et la spectatrice euphorique en moi n’a pas été dépitée une seule seconde de l’adaptation du metteur en scène Jean-Guy Legault. Et si vous vous posez la question [légitime] à savoir si ce dernier a décidé de MONTRER les rhinocéros sur la scène, je vous réponds OUI et d’une manière très poétique et évocatrice.

Décidemment, une belle soirée! Un mot spécial aussi pour le jeu extraordinaire des acteurs, en particulier pour les performances de Marc Béland (Jean), d’Alain Zouvi (Béranger) et d’Évelyne Rompré (Daisy), qui ont exécuté avec brio leur rôle respectif. Je veux aussi donner une mention spéciale à la dernière scène de la pièce. Pour une fana des finales comme moi (qu’elles soient cinématographiques, théâtrales ou télévisuelles), j’avoue avoir été complètement conquise.

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