Au retour du Lac, Marjorie, Louis et moi nous sommes arrêtés à Québec pour manger une poutine de chez Ashton. Québécois-de-Québec de ce monde, je vous le dis : la poutine d’Ashton est bien bonne, mais DE GRÂCE, cessez de crier sur tous les toits que c’est la meilleure au monde. C’est faux.
Maintenant que la vérité a enfin éclaté au grand jour, revenons à nos moutons.
Attablés, nous avons la chance (!) de voir le Journal de Québec traîner non loin. La lecture de ce quotidien, ainsi que de son frère montréalais, s’avère toujours être une partie de plaisir pour les gradués en communication, rédaction et multimédia que nous sommes. Hautains, nous le somme un peu et j’en conviens. Mais ce qui suit suffit à nous conforter dans notre « snobisme ».
Remise en contexte : les pages 48 et 49 de la parution du dimanche 17 février 2008 sont consacrées à la grande première de la tournée mondiale de Céline Dion, qui a eu lieu à Pretoria en Afrique du Sud.
Je crois pouvoir affirmer n’avoir jamais vu des articles aussi mal écrits (autant en ce qui concerne la grammaire que le style) de toute ma sainte vie. De plus, ces articles (et les photos accompagnatrices) sont tous signés « LE JOURNAL » et par conséquent, impossible de savoir qui les a rédigés. À bien y penser, cela est peut-être mieux pour la carrière du journaliste en question.
Ici-bas se trouvent quelques exemples tirés directement des textes, précisions personnelles incluses. De plus, je vous invite à VOTER pour votre passage préféré! Vous pouvez même y aller d’un commentaire additionnel si le cœur vous en dit.
-Ce n’était pas seulement The Power of Love, hier soir, au Loftus stadium de Pretoria, comme l’un des titres de la chanteuse, mais « the power of Céline ».
Première phrase du premier article, ça promet pour la suite!
-… et ses danseurs, très sollicités tout au long de la performance, et en perpétuelle interaction avec la chanteuse, font de ce show de la dynamite.
Rien de moins!
-Ça bouge, ça part dans tous les sens.
De quoi, « ça »? Les danseurs? Les lumières? Céline?
-Et Céline dans tout ça mène joyeusement la barque.
À noter l’emploi douteux de l’adverbe « joyeusement ».
-Elle était hier très en voix.
Dommage qu’elle n’ait pas été hier très en seins. C’aurait été salement plus drôle!
-« Elle chante en tabarn… » m’a soufflé avec raison, une certaine attachée de presse québécoise dont je tairai le nom.
Commentaire édifiant et pertinent, s’il en est un.
-Sa voix rentrait comme une tonne de brique.
1- Ce n’est pas très gentil. Une tonne de briques, c’est douloureux!
2- À moins que sa voix rentre comme une brique d’une tonne, j’exige un « s » à briques.
-L’émotion était au rendez-vous et les frissons passaient aussi.
Dans le genre phrase vide, on ne pourrait pas faire mieux.
-Les Sud-africains sont toutefois un peu conservateurs. Ils criaient des « on t’aime Céline » et applaudissaient très fort, participaient aussi quand on leur a demandé de se lever. Mais j’aurais aimé plus d’ardeur.
Disons le franchement, on aurait aimé que la foule se mette nue en tapant des mains et en chantant « Incognito »!
-Titre : À fond la caisse!
Oh my…
-Céline chante I’m alive et sa scène est effectivement très vivante.
Facile…
-… les chansons up tempo
Hein?
-Alors s’amène son choriste Barnev Valsaint et ensemble, ils interprète I’m Your Angel en duo.
1- Grammaire 101 : avec la troisième personne du pluriel, les verbes en « er » finissent en « ent ».
2- Barnev et Céline chantent ensemble, ce qui par définition veut dire qu’ils ne font ni un solo ni un trio.
-Le gars est sharp, sa voix est superbe, sa présence sur scène est un gros plus.
Je ne m’écrierai qu’une seule fois : WHAT?!
-Puis elle présente Pour que tu m’aimes encore au public et les remercie en français quand à la fin ils l’applaudissent chaleureusement.
Ici, on aurait bien pris une ou deux virgules de plus!
-La chanteuse termine cet avant dernier bloc par sa chanson Think Twice qui a été un très gros succès en Angleterre et dans tous les pays anglophones y compris l’Afrique du Sud.
1- Orthographe 101 : avant-dernier.
2- Soit on voudrait une virgule de plus, soit le journaliste aurait besoin d’un cours de géographie.
-On aperçoit en vitesse quelques moments importants dans la carrière de la chanteuse, sorte de rétrospective en photos.
Je suis peut-être de mauvaise foi, mais cette séquence ne nous démontre pas une maîtrise du français écrit…
-… la Céline
« LA » Céline? Que toutes les autres « Céline » de ce monde pleurent dans l’ombre, et ce, jusqu’à la fin des temps. Amen.
-« Let’s do it! » (Allons-y!) ajoute Céline.
Pour sentir le besoin de traduire « Let’s do it », il ne faut vraiment pas avoir en estime ses lecteurs…
-Les haut-parleurs vibrent et nos estomacs aussi.
Ou : Céline nous donne le goût de vomir.
-Elle termine en étirant la note sur The mu… sic in me. Et c’est parti.
C’est vraiment comme si on y était!
-On sait déjà de quel bois elle se chauffe.
Oh god…
-La glace est cassée. Le visage de Céline s’illumine, elle se joint quelques instants à son chef d’orchestre, Claude Mégo Lemay, qui fait vibrer sa guitare. Enfin, la chanteuse a retrouvé ses vrais fans.
Comme phrase de conclusion à faire brailler, on n’aurait pas pu mieux espérer!
Mon vote : Le gars est sharp, sa voix est superbe, sa présence sur scène est un gros plus.
Les articles originaux ici et ici.
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